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Le mot par Charles.co

On parle trop souvent de première fois, mais pas assez de premières fois au pluriel. Pourtant, elles sont si nombreuses !

Premiers baisers, premiers émois, premières étreintes, premières expériences. Il n’y a pas d’âge pour tenter de nouvelles premières fois. Lorsqu’on cherche à s’explorer après s’être écouter, il n’y a de limites que celles que vous vous fixez. 

Nous espérons de tout coeur que ce second confinement se déroule au mieux pour vous, prenez soin de vous

On vous souhaite une bonne lecture et surtout une excellente journée.

Toutes premières fois, tou-toutes premières fois par Claire Alquier

Ce n’est pas par hasard que l’emploi du pluriel est préféré pour parler de nos premières fois. Parce qu’en matière de sexualité, il y a plein des premières fois.

Et qu’à mon sens, avoir la vision d’un paysage de multiples premières fois est assez réjouissant.

Sans compter qu’il serait bien trop triste de réduire notre première fois à la seule première pénétration… Oui, car si on n’a qu’une première fois et qu’elle ne se passe pas tout à fait comme prévu, et bien, c’est foutu pour la suite?

Idée fixe et norme sociale

Dans les représentations sociales, la « première fois » est généralement associée à un acte précis : la pénétration vaginale.

Les choses évoluent, mais on a trop souvent tendance à avoir un point de vue très hétéro-normé lorsqu’on parle de sexualité… et qui dit rapport hétéro, sous-entend forcément coït pénétrant (ça aussi on y travaille).

Notre propos aujourd’hui, c’est justement de dire qu’il y a de nombreuses premières fois : les premiers baisers, les premiers émois, les premières caresses, les premières pénétrations, le premier rapport bucco-génital, la première fois qu’on fait telle ou telle position, dans cet endroit là ou un autre, la première fois avec soi-même, avec quelqu’un, avec quelqu’une, avec quelques uns, la première fois les yeux bandés, les mains attachées, la première fois en jouant un rôle, la première fois avec un accessoire, avec un sextoy, le premier orgasme, la première éjaculation…

Je vous laisse continuer la liste, elle est non exhaustive et peut se compléter tout au long de nos expériences, et de notre apprentissage de la sexualité.

Puisqu’on y est dans la norme, allons-y franchement (et ensuite, on déconstruit !) : l’âge médian du premier rapport sexuel (pénétrant donc) est estimé en France vers 17,5 ans pour les jeunes filles et garçons.

À toutes fins utiles, précisons que ce chiffre n’a pas vraiment bougé depuis 30 ans.

Une moyenne, cela veut dire qu’il y a des gens en dessus et en dessous. Et que ce n’est pas grave. Parce que ce qui est important, c’est de bien les vivre ces premières fois. Et que pour ce faire, il s’agit d’être pleinement en accord avec ce que l’on fait. Aussi, nous parlerons ici de moments choisis et consentis.

Quelques petits conseils et autres précautions sont ici de rigueur afin d’accompagner au mieux nos premières fois… et de préparer celles d’après.

Pourvu qu’elles soient douces

  • On déculpabilise : tout n’est pas parfait, la première fois… et ça n’est pas grave ! Chacun commence sa vie affective et sexuelle différemment en fonction de sa sensibilité, de ses envies, de ses espoirs et de ses craintes aussi. On place souvent la barre trop haut, et l’on en vient à oublier que l’on parle avant tout d’un moment d’intimité, de complicité, de tendresse, de partage… Alors essayons d’oublier les performances, d’accord ?
  • On dédramatise : cette fameuse première fois, on l’inscrit dans un moment particulier de la vie qui marque donc un “avant” et un “après”… Du coup ça la rend très (trop?) primordiale. Bien sûr qu’elle peut l’être, importante, mais finalement, les 2ème, 5ème, 25ème fois le sont aussi… Alors peut-être qu’il s’agit de s’apaiser et se tranquilliser sur l’enjeu qu’elle représente. Il y en aura d’autres des premières fois. Et ce sera de mieux en mieux en se connaissant soi-même, en se découvrant l’un l’autre, et en communiquant avec son/sa partenaire.
  • On pose une intention positive : on essaie de combattre nos appréhensions et toutes les questions qui nous grignotent et nous parasitent pour essayer de s’écouter. Si je ne fais que ce que je sens et avec quoi je suis en accord, cela se passera bien. Puis on n’oublie pas l’objectif de la manœuvre : l’idée reste de passer un bon moment, voire de prendre du plaisir. Et des plaisirs, on peut en avoir de toutes sortes, d’intensité variées, et surtout en découvrir de nouveaux à mesure que l’on avance dans sa sexualité et dans la compréhension de son fonctionnement et de ses désirs.

Toute(s) première(s) fois : petit manuel à disposition de chacun

Des petites choses très concrètes pour que nos premières fois se passent au mieux. Il est préconisé de les relire régulièrement, d’en parler autour de nous, de les transmettre, de les réinventer.

  • Attention : prêter attention à ce dont on a vraiment envie et besoin. Cela nous permettra de lutter contre les injonctions, diktats et autres normes, qui peuvent parasiter nos sexualités.
  • Verbalisation : poser des mots sur ce qui peut générer un questionnement, une appréhension ou carrément une angoisse, sur ce qui déplaît mais aussi bien sûr sur ce qui plaît, excite, attire et attise le désir. Cela peut se faire avec quelqu’un de confiance, avec un.e professionnel.le qui pourra vous guider et vous transmettre des informations, sans jugement.
  • Protection : les questions de contraception et modes de prévention contre les IST doivent être posées, pour pratiquer le sexe en toute sécurité.
  • Communication : parler de ses envies et de ses limites à son/sa partenaire. Nous pouvons en parler avant, pendant et/ou après le sexe, bref quand vous le sentez ! Car parler de sexualité, c’est déjà un peu faire l’amour… N’hésitez pas non plus à discuter avec vos proche, avec des personnes de confiance afin d’échanger sur vos expériences et vous rassurer.  
  • Confiance : pour profiter du moment présent et pour mieux le partager, on apprend à s’écouter et à écouter l’autre. Le sexe est un travail d’équipe.
  • Patience : le sexe, cela s’apprend (et pas forcément dans le porno cf. notre précédente newsletter…), on essaye, on teste, on réajuste. Et on prend son temps, rien ne presse!
  • Confort : il peut être important de choisir un endroit et un moment dans lequel on se sente bien et à l’aise (lieu, luminosité, moment de la journée…).
  • Légèreté : on peut s’amuser des petits cafouillages qui surviennent. Désamorcer et en rire, cela dédramatise de suite et peut apporter un peu de ludique dans un contexte parfois trop anxiogène.
  • Simplicité : attention à l’injonction de performance : nous ne sommes pas obligés de faire tout le kamasutra, ni d’avoir des rapports qui durent des heures… En réalité, nous ne sommes obligés de rien.
  • Douceur : les moments tout autour du sexe sont importants. Essayons de chérir et de savourer l’after-sex, un moment de complicité, de proximité, de détente (cf. notre première newsletter sur les orgasmes).
  • Liberté : on peut arrêter à tout moment, faire une pause (et peut être reprendre), ralentir, changer d’avis… On reste libre dans ce que l’on consent, ou pas, à faire.

La première fois, c’est donc un pied sur une nouvelle terre que l’on découvre à sa manière, à son rythme, avec qui on veut, quand on veut et comme on veut.

Et les nouvelles terres sont nombreuses (je ne sais pas vous, mais moi ça me donne une âme de conquérante).

Faites-vous confiance, écoutez votre instinct et vos envies. On ne fait que ce que l’on sent, librement, sans contraintes physiques ou psychologiques. Et surtout, on fait ce qui nous fait du bien, quelque chose de bon pour soi et pour son bien-être. Profitez, amusez-vous. 

Le sexiez-vous ? Les préjugés de la première pénétration

 Cela dépend des personnes, certaines peuvent avoir des saignement et d’autres, rien du tout ! 

 L’hymen est une membrane qui peut être rompue à un moment antérieur de la vie, ce n’est pas un signe de virginité. 

 Comme tous les rapports sexuels, la première pénétration ne doit pas forcément être douloureuse : bien préparée, douce et sans stress.

À tester chez vous, si le cœur vous en dit

Et si on s’inventait une “première fois”? Là, maintenant, ou très prochainement!

C’est l’occasion de se poser et de prendre un petit temps pour soi : il y a forcément quelque chose qui me fait envie, qui me tente, et que je n’ai pourtant jamais jamais essayé.

Par manque de temps, parce que cela génère une petite appréhension, ou encore parce que je n’ose pas… Il y a tout un tas de raisons que l’on se donne pour ne pas faire et qui finalement, nous freinent. 

Aujourd’hui c’est l’occasion de faire un petit point : où en suis-je dans ma sexualité ? Qu’elle soit solitaire et/ou de couple d’ailleurs, il y a déjà là une première option!

Quoi de plus réjouissant de proposer à son ou sa partenaire une “nouvelle première fois” ? Quoi de plus alléchant que de s’accorder à soi-même un moment de qualité avec la réalisation d’une envie qu’on a peut être depuis longtemps (voir notre newsletter sur les plaisirs solitaires).

Pour stimuler notre imagination, cela peut être une pratique, une position, un scénario, un lieu, un accessoire, une mise en scène, un sextoy, un jeu, la privation d’un sens, sans se toucher, ou encore une autre “technique” (méditation orgasmique, tantra, slow sex)… 

Bref, tout est ouvert, il n’y a pas d’âge pour une première fois, quelle qu’elle soit ! Franchissons le cap et n’hésitez pas à nous apporter votre témoignage en commentaire !

Des chiffres et du sexe





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