deuxfois

Le mot par Charles.co

Le désir, la libido : ils vont, ils viennent et parfois, ils manquent trop souvent à l’appel.

C’est le 1er motif de consultation en sexologie, notamment chez les femmes. Aujourd’hui, nous décortiquons le mécanisme de la baisse de désir, identifions les causes et vous donnons de précieux conseils pour renouer avec lui. 

En attendant les fêtes, nous vous donnons rendez-vous pour notre troisième webinar le 17 décembre et espérons que l’ambiance de Noël commence à vous envahir chaleureusement.

On vous souhaite une bonne lecture et surtout une excellente journée.

« Doux désir, où es-tu ? » : par Claire Alquier

Dans un couple, le désir connaît inévitablement des mouvements : il fluctue, varie, s’intensifie, et parfois s’échappe aussi un temps.

Tout ceci peut déjà être complexe à gérer en “temps normal”, alors si l’on ajoute à ça le méga jackpot de l’année 2020 (grèves, covid, confinements, télé-travail, chômage…), il n’est pas bien surprenant de se sentir encore un peu plus éloigné.es.

Mon premier, c’est désir

Le désir sexuel est considéré comme le moteur de l’activité sexuelle, qu’il s’agisse de la pulsion, de la libido, de l’appétit sexuel. Il en existe deux types :

  • Le désir spontané. C’est une envie de sexualité impulsive “irréfléchie” et il n’y a pas besoin de stimulation, tout est dit dans le mot, c’est spontané et cela arrive sans prévenir ! 
  • Le désir réactif, qui naît face à une stimulation d’un ou plus de nos cinq sens.

Comme toujours en matière de sexualité, les composantes culturelles, familiales, éducatives et religieuses entrent en compte dans l’expression du désir, qui varie selon ce qui a été transmis.

Toutes ces variables jouent un rôle, facilitateur ou répressif sur l’expression de ce désir sexuel qui sera plus ou moins conscient ; elles peuvent avoir un impact sur les manifestations intimes du désir.

Le contexte sera toujours à prendre en compte dans l’expression du désir et dans ce que cela implique au niveau de sa disponibilité : le désir sera ainsi plus libre de s’exprimer dans un moment favorable comme les vacances par exemple, qu’en période de rush professionnel.

En réalité, tous les facteurs de notre existence, externes ou internes, vont avoir un impact sur notre désir dans un sens ou dans l’autre. La libido, le désir, ce ne sont pas que des hormones, de l’anatomie ou de la psychologie, mais un ensemble de facteurs inter-dépendants. 

Desireless (pardon…) : quand le désir s’échappe

Le désir fluctue, c’est un fait. Mais comment repérer une baisse et surtout que faut-il observer ? (pour pouvoir agir par la suite, si on en souffre).

En sexologie, on considère que le désir baisse lorsqu’il devient gênant pour la personne concernée et/ou son/sa partenaire durant au moins 3 mois. 

Généralement, lorsque le désir disparaît ou s’amenuise, trois suspects principaux : 

  • Le stress ;
  • La fatigue ;
  • Et la routine. 

Est-ce une période particulièrement stressante ou fatigante sur le plan personnel ou professionnel? Le couple traverse-t-il un conflit ? 

Les non-dits parasitent inévitablement la sexualité et se retrouvent au beau milieu de l’intimité des partenaires.

La routine est parfois invoquée pour expliquer une baisse de désir, tout comme le développement d’autres priorités comme les enfants ou le travail.

Le sentiment de sécurité affective est également en cause : avec le temps, on peut oublier que l’autre n’est pas acquis et que tout peut arriver. S’en souvenir pousse davantage à prendre soin de son couple.

Et donc à entretenir le désir, qui s’alimente autant que l’amour. Pour continuer à creuser les causes de l’absence de désir, nous pouvons explorer plusieurs pistes :

  • Les hormones : les perturbations à ce niveau là peuvent concerner les 2 sexes ;
  • Le vécu : l’ensemble du parcours de vie avec tout ce que ça implique depuis la naissance (rencontres, expériences…) ;
  • Le contexte social (professionnel, familial, affectif, santé…) ;
  • L’éducation à la sexualité : les informations qu’on a pu avoir, ou ne pas avoir, le rapport entretenu à la pornographie (cf. notre newsletter 3 sur le sujet) ;
  • Le rapport avec soi-même et l’estime de soi.

Nous l’aurons compris, le désir sexuel peut varier en fonction de facteurs multiples. En être conscient c’est déjà se permettre de les repérer, et donc de pouvoir réagir si on le souhaite. 

Quoi qu’il en soit, il est essentiel de prendre conscience du caractère fluctuant du désir et surtout de ne pas culpabiliser : le désir est sensible et capricieux.

Mais la bonne nouvelle c’est qu’avec quelques attentions, on pourra le mobiliser et le convoquer ce désir.

“Le désir est l’essence même de l’homme”, Spinoza (d’accord, mais comment le retrouver?)

1 – Prendre du recul et faire baisser la pression

La première étape après avoir repéré les difficultés que chaque personne peut traverser dans son parcours : c’est de le désacraliser et de faire baisser la pression.

Il s’agit notamment d’en parler à l’autre. Cela n’est pas forcément grave, et pouvoir en discuter peut permettre dans un premier temps de faire le point sur ce qui ne va pas et qui parasite l’intime, avant de trouver des pistes pour se remobiliser et réagir. 

Mettre des mots sur une situation parfois incompréhensible pour l’autre, et donc source d’angoisse, rassure et permet de poser un cadre : on ne cache pas la difficulté sous le tapis et on va s’en occuper.

2 – La compréhension du mécanisme du désir et son acceptation

Une deuxième étape pourrait être l’acceptation.

Accepter les variations de désir revient à ne pas remettre en cause l’amour de l’autre dès que son désir a une baisse de régime, à ne pas mettre trop de pression quand il ou elle n’est pas disponible, à ne pas accuser à tort la routine (ou autre cause extérieure) qui s’est installée, car si cela peut jouer bien sûr, ce n’est jamais tout noir ou tout blanc. 

Il s’agit aussi de pouvoir s’accorder un peu de douceur : notre libido ne peut être à son paroxysme en continu. S’accorder un peu de leste, tout en restant vigilant, permet de ne pas s’embarquer dans les voies plus sombres de la culpabilité, de l’évitement et de la frustration. 

Une fois que le constat est posé, on peut commencer à imaginer des solutions concrètes pour soulager stress, fatigue, surmenage ou charge mentale. Des aménagements sont tout à fait possible pour stimuler le désir. 

  • (Re)créer différents espaces en se ménageant des temps pour soi et des temps pour le couple est capital : on (ré)apprend à s’occuper de soi, et on découpe ces temps-là dans notre quotidien, pour mieux avoir le plaisir de se retrouver.
  • On dit toujours que le manque crée le désir, et sans que cela demande une folle organisation, je ne peux que vous inviter à prendre du temps pour vous en solitaire, pour mieux le prendre à deux par la suite. 

Dans ces temps-là, on va donc s’occuper du corps et de l’esprit avec des activités qui nous font du bien, qui nous font plaisir.

Petit tip : un bon moyen pour alimenter sa propre sensualité est de s’orienter vers des activités où l’on se reconnecte à son corps, à son système de récompense, plaisir et à ses sensations (danses, yoga, méditation…). 

Pourquoi ne pas en profiter aussi pour nourrir son imaginaire érotique à l’aide de littérature, podcasts, films… Même si on ne “fait pas”, on peut tout à fait nourrir son désir par ce biais.

L’imagination est une machine formidable qui peut se remettre en mouvement d’un moment à l’autre. Libre à nous de la cultiver en solitaire et/ou en partageant quelques découvertes avec son/sa partenaire.

À terme, cela pourrait même permettre d’explorer d’autres types de sexualités, de découvrir de nouveaux plaisirs, en plus de reconnecter à son désir…!

En résumé 

On ne panique pas, mais on se met au travail. Tolérance et bienveillance sont indispensables envers soi-même ainsi qu’envers son/sa partenaire. On reste curieux, on ouvre ses écoutilles et on communique afin de désamorcer la situation. 

Même si la libido n’est pas au rendez-vous, conserver le contact physique, se prendre la main, se toucher, s’embrasser, entretiendra la connexion. Et oui, la tendresse peut prendre le pas, un moment, jusqu’à ce que la flamme sexuelle s’embrase à nouveau. 

Mais vous l’aurez compris, ça ne se fait pas tout seul par magie.

Il faut identifier les points de fragilités et se réorganiser pour aménager de nouveaux espaces, se séparer pour mieux se retrouver, nourrir son potentiel érotique. Évidemment, une aide extérieure peut être aussi précieuse.

Alors n’attendez pas trop et n’hésitez pas à amorcer une thérapie psychologique ou sexologique, individuelle ou en couple : il n’y a rien de honteux à avoir besoin d’être guidé à un moment de sa vie et les troubles du désir ne signent pas forcément la fin du couple, peut être est ce juste le début d’autre chose.

Le sexiez-vous ? Libido & couple : la grande histoire

C’est le rythme estimé comme indicateur d’une bonne santé sexuelle pour la majorité des couples. Spoiler alert : le rythme n’est pas un indicateur.

La baisse de désir est le premier motif de consultation qui amène les couples à se rendre chez un.e sexologue.

 Les femmes en couple sont deux fois plus nombreuses à déclarer un manque d’intérêt pour le sexe que les hommes. 

À tester chez vous, si le cœur vous en dit

Du temps et de l’attention pour lui, pour elle, pour nous

Une question qui ressort de tout ce qu’on a pu observer précédemment est la suivante : quelle place laisse-t-on au désir dans notre couple?

Nous vous invitons non pas à réveiller le désir, comme ça, en un claquement de doigt, mais à vous créer un espace où cela ait la place d’exister. Quoi de mieux que de s’organiser un vrai moment agréable à deux, j’ai nommé le rendez-vous ou le date ! 

Pour les modalités d’action, à vous de voir, mais l’idée est de s’aménager un espace à deux.

Ce rendez-vous peut-être une surprise que l’un des deux fait à l’autre : une sortie, une expo, un concert, un resto, un massage, un dîner à la maison…

Au vu de la situation actuelle, on préfèrera cette dernière option, qu’on peut coupler (ou non) avec une petite soirée séries-ciné. 

Bref, ce qu’on cherche à créer c’est une petite bulle loin de la vie quotidienne (travail, enfants, préoccupations diverses…), qui permette d’être ensemble et de partager un moment agréable. 

Bien entendu, pas de pression sur le fait qu’il faille absolument avoir un rapport sexuel à l’issue de ce moment à deux, si cela se fait parce qu’on en a envie, tant mieux, mais partons du principe qu’il n’y aura pas d’attente à ce niveau-là! 

On peut aussi tout à fait envisager une autre intimité que le “simple” rapport sexuel, par des câlins, de la tendresse, un bain, des massages… Tout est déclinable (et possible encore une fois, laissez parler votre imagination !).

D’expérience, le constat est sans appel : si l’on prend le temps de se réserver des moments privilégiés de couple, cela crée de l’espace.

Et le désir a ainsi toute la liberté de s’exprimer, dans cette place à nouveau disponible.

Des chiffres et du sexe





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