domination

Le mot par Charles.co

Les fêtes de fin d’année battent leur plein à leur manière, à la mode covid dirons-nous, et chaque moment partagé avec nos proches est chéri.

On se dit ce qu’on ne prend pas le temps de se dire le reste de l’année et on se rend alors compte du poids des mots. Aujourd’hui, nous parlons des mots dans le sexe et de leur rôle tout à fait particulier.

Nous vous laissons découvrir l’enquête de Claire Alquier sur le sujet et vous souhaitons une bonne lecture et surtout une excellente journée 💙

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Les mots dans le sexe : par Claire Alquier

Les mots dans le sexe : voilà le sujet que nous avons choisi avec Charles.co pour cette sixième newsletter. Let’s talk about sex ! Nous nous sommes demandé quels étaient les mots que l’on utilisait pour en parler? Fait-on référence aux mots que l’on peut employer pendant les rapports, ou plutôt aux mots choisis pour évoquer la sexualité de manière plus générale ?

Et bien, les deux mon capitaine ! Finalement c’est bien de communication qu’il va s’agir aujourd’hui.

Et qu’elle se déroule avant, pendant ou après ledit rapport, nous allons parler de comment l’on communique avec l’autre sur ces sujets intimes. Et nous allons voir que ce n’est pas une mince affaire… Comme souvent, en matière de sexualité ! C’est pourquoi vous retrouverez aussi quelques conseils pratiques que je partagerai avec vous.

Parlons peu, parlons sexe : pourquoi parler de sexe est-il important ? 

On parle bien de parler, d’échanger, de partager. Pendant l’acte sexuel, mais aussi avant, et en bonus après (never forget la force du débrief). Car la communication sexuelle, c’est précisément cela : le fait de parler de sexe au lit, mais aussi en dehors! Et oui, attention spoiler, on en a le droit! 

Notons que la mise en mots de sa sexualité se fait un peu plus facilement qu’auparavant. Parce qu’on en entend plus parler autour de nous, dans la société, dans les médias, qu’on en lit plus sur le sujet, et que la sexualité ne reste plus uniquement cantonnée à ce qu’il se passe dans la chambre à coucher. Ce qui motive ce mouvement, en tout cas ce que l’on défend avec Charles.co, c’est l’idée d’arriver à identifier ses besoins, ses envies, ses plaisirs, et ensuite, d’oser les partager avec son/sa partenaire sexuel.le. 

Parler de sexe compte bon nombre de vertus qu’on ne saurait assez louer ! 

D’abord, c’est un excellent moyen pour apprendre à s’écouter l’un l’autre, et à être attentif à ce qu’il se passe en face (ou dessus, dessous, derrière, sur le côté…). Et surtout, cela nous apprend que quand on fait l’amour, il s’agit davantage d’un relais d’équipe que d’un sprint en solitaire. Parler de sexe, de sa sexualité, cela se fait autour des mots bien sûr, de la langue, on le comprend aisément, mais cela concerne aussi tout ce qu’on appelle le non-verbal. Ainsi, parfois, est-ce plus facile, plus doux, de commencer par là, quand les mots restent un peu bloqués dans la gorge. Le langage de nos corps, notre gestuelle érotique, celle à laquelle on peut s’intéresser avant, pendant et après nos ébats (bis repetita…), nous donne aussi beaucoup d’informations sur ce qu’il se passe au moment présent pour l’autre…et de manière toute aussi directe qu’un mot si l’on apprend à les écouter (respirations, soupirs, gestes, regards…) !

Notons que communiquer (de manière verbale ou non) est un précieux atout pour augmenter efficacement l’excitation, et qu’apprendre à se valoriser et s’encourager mutuellement possède des qualités aphrodisiaques non négligeables. Ainsi, nous pouvons gager, que se transmettre ce qui fonctionne, ce qui donne du plaisir, permet de faire évoluer sa sexualité ensemble (#teambuilding). Et comme j’aime aussi à croire que ce qui en donne du plaisir c’est de voir, sentir, entendre l’autre en prendre, et bien se joue alors un ping-pong sur l’oreiller tout à fait savoureux. 

Dirty talk et mots d’amour : focus sur l’art de faire rougir l’oreiller

Il y en a qui chuchotent au creux de l’oreille, d’autres qui invectivent ou éructent plein d’entrain, certains parlent crûment, là où d’autres sont tout à fait muets (ce qui ne veut pas dire qu’ils ne communiquent pas hein, on l’a vu un peu plus haut !). Quoi qu’il en soit, il n’est pas toujours aisé de trouver le bon canal afin de parler la même langue érotique. 

Le “dirty talk” est un art subtil qui désigne un langage spécifique lié au sexe, et non, il n’est pas “sale”, c’est pourquoi on ne traduira pas de manière littérale l’expression anglaise. D’ailleurs, j’aime à croire qu’il fonctionne aussi bien pour les mots crus que pour les mots doux, avec comme objectif d’embraser les sens et de s’aventurer sur les chemins de l’érotisme sonore. Au passage, notons que l’un n’exclut pas l’autre : le trash peut tout à fait se mêler à un champ lexical plus doux. Vous l’aurez compris, l’idée ici est d’apprendre à manier le vocabulaire de l’audace, qu’elle soit tout juste effleurée ou tout à fait directe. Et pour délier davantage nos langues, rien de mieux que de se laisser porter par l’objet de notre désir et notre imagination. 

Si pour certains, parler pendant le sexe fait partie de leur routine, pour d’autres, c’est beaucoup plus intimidant. L’art du sexy-dirty talk n’est pas inné, contrairement à ce que l’on pourrait penser et il y a nombre de manières de s’y prendre. Comme toute pratique en matière de sexualité, on ne se force pas si l’on ne se sent pas prêt, si l’on n’en a pas envie, mais la bonne nouvelle c’est que si on sent le feeling de s’y pencher, tout ceci s’apprend. 

D’accord pour la théorie (je vous entends) mais concrètement comment faire? 

On commence en douceur. Et l’on s’assure que ce qui va sortir de notre bouche sera accepté par notre partenaire. Encore une fois, point de jugement ici sur le choix des mots, que l’on soit dans un jargon plutôt cru ou au contraire amoureux, encore une fois en matière de sexualité, il n’y a pas de norme. Toutefois, il s’agit de s’assurer (avant c’est toujours bien, et cela peut être aussi pendant, à mesure de l’évolution du rapport et de la montée de l’excitation), que cela sera bien reçu par l’autre. Quand on n’a pas eu quelques discussions autour de ce qui est admis ou de ce qui le serait moins, voire pas, on évite de foncer direct dans l’écueil du dialogue dit “trash”. Déjà, parce que cela peut être tout à fait contre-productif et faire retomber l’excitation comme un soufflé raté, mais aussi et surtout parce que cette communication érotique se co-construit, et que l’on repète suffisamment qu’il s’agit bien d’arrêter d’imposer des choses à une personne qui n’y aurait pas consenti. Dans les actes, mais aussi dans les mots! 

Ensuite, il s’agira de choisir dans quelle direction on s’engage. On peut tout à fait commencer par décrire le plaisir que l’on ressent, commenter ce qu’il se passe. Cela peut être très excitant et valorisant. Les mots qui encouragent, les gestes, fonctionnent très bien en “booster” d’excitation, et donc de plaisir. A deux, on essaie de trouver le niveau de langage qui convient pour ne pas se retrouver dans une situation de malaise. Si vous préférez entendre des mots plutôt que les dire ? Breaking news : ça marche aussi ! On y va à son rythme, on en parle, on s’accorde, on essaie… 

Tout ceci sera plus facilement permis si l’on a ouvert le sujet en dehors de l’instant T. Donc, avant de se lancer dans une grande joute verbale au beau milieu de vos ébats, vous pouvez commencer en douceur à parler de sexe, en dehors du sexe justement. On a toujours envie de chérir la “spontanéité”, mais quand cela vient toucher quelque chose d’aussi intime qu’on n’a (rappelons-le encore une fois), jamais appris à faire, il est de bon ton de pouvoir en parler, pour s’organiser un brin. Donc avant de faire démonstration de la variété de son vocabulaire le plus fleuri, on s’assure bien que c’est entendable en face. Surprendre quelqu’un avec des mots qui peuvent être mal interprétés, ou perçus comme violents, peut être mal vécu, et il faudra gérer l’après. La notion de consentement n’épargne pas le dirty talk. 

Enfin, on s’adapte à la situation. Veillons à ce que le moment soit propice : peut être que les mots crus seront plus admis lors d’un “quickie” intense sur la table, que lors d’un moment tendresse d’un sexe vanille. Ceci n’étant pas une règle immuable, je vous laisse seuls juges, mais gardez-vous cette petite question dans un coin : est-ce le bon moment? Pour y répondre le plus facilement possible, rien de mieux que se connaître, et pour ce faire, rien de mieux que d’avoir pu se créer des espaces d’échanges (logique implacable…!).Grâce à ces partages, on disposera de plus d’outils pour s’amuser, et surtout on aura, à mesure que l’on se connaît, de moins en moins besoin de réfléchir, ce qui favorisera sans aucun doute cette spontanéité qu’on chérit tant dans nos sexualités. Parler de sexe pour mieux définir les contours de notre jouissance n’est pas un luxe, c’est une nécessité.

Le sexiez-vous ? TOP 3 des thèmes abordés durant le sexe

 “Prends là”, “Fais moi ce que tu veux”, “Tu es à moi”

  “Plus vite”, “Un peu plus à gauche”, “Oui, comme ça”

“Tu es tellement bon.ne pour ça”, “Jaime ton odeur”

Ce top 3 est suivi par les fantasmes : “imagine que des gens nous regardent”, les liens intimes : “je t’aime”, “chéri.e” et enfin, les appels réflexes : “oh oui”, “mon dieu”…

À tester chez vous, si le cœur vous en dit

Tenter le dirty talk, à votre manière

Si parler sexe intimide c’est aussi parce que l’on s’inquiète de l’image que l’on va donner, d’être maladroit.e, ou que notre partenaire éclate de rire. 

Quand on se retrouve dans un partage d’intimité où l’on se sent peut être un peu plus vulnérable, la peur du ridicule se réveille vite. Et peut entraîner des blocages, des freins, et nous inhiber. Si l’on arrive à en faire un jeu, à la transformer en quelque chose de ludique en se disant qu’il n’y a rien de ridicule, on peut être amené à trouver un axe qui fonctionne bien ! 

Ouvrons notre esprit : s’il est évidemment possible de parler de sexe pendant le sexe, on peut aussi parler d’autre chose. Et le drôle peut tout à fait être excitant !

Vous avez vu Sex Education? (Si ce n’est pas le cas, foncez sur Netflix). 

Dans la saison 2, un des personnages indique très clairement à son partenaire qu’elle aime le dirty talk. Celui-ci reçoit l’information mais ne semble pas bien savoir quoi en faire, il ne l’a jamais fait, ne sait pas par où commencer, n’ose pas… Bref l’entrée en matière est complexe, et il s’y prend maladroitement. Finissant par demander à son amie pourquoi elle aime tant ça, elle lui répondra qu’elle se “sent comme une enseignante démodée toute la journée, donc quand je suis à la maison, je veux m’évader et me sentir sexy” (hop, ce moment où on parle de sexe en dehors du sexe pour mieux se comprendre… CQFD !). Bref, notre timide amant se rend alors compte que ce n’est pas tant les mots en eux-mêmes qui comptent mais plutôt ce qu’il lui transmet et comment elle se sent avec ça. S’en suit alors une scène fraiche et légère où il choisit de répéter “baba ganoush”, avec force, assurance, désir, excitation… et que c’est bien l’intention qui excite tout à fait sa partenaire.

Des chiffres et du sexe





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